Portraits de champignons

La Psalliote fumée (Agaricus vaporarius (Vitt.) Mos.)

par Yves Lamoureux

Les psalliotes sont des champignons qui préfèrent les milieux ouverts aux forêts denses. On les reconnaît par leurs lames libres du pied, la présence d’un voile partiel, leurs lames brunes à maturité et leur sporée brun foncé. Elles sont saprophytes et la majorité d’entre elles sont plus attirées par les sols enrichis que par la litière des bois. Plusieurs espèces habitent les terres fumées et les pelouses engraissées. Certaines poussent dans des endroits pollués, comme les dépotoirs, les bords de chemins de fer, etc.

Une des espèces peu communes chez nous est la Psalliote fumée. Elle se distingue par sa taille moyenne ou grande et par son chapeau brun foncé et fibrilleux, dont la cuticule se rompt en mèches lorsque le champignon se déploie. La chair rougit un peu à la coupe, surtout à la base du pied, et elle dégage une odeur agréable, un peu mielleuse. Le pied porte un anneau membraneux, blanc. Une photographie en couleurs est présentée dans Pomerleau (1980, Flore des champignons au Québec et régions limitrophes, planche XXXVII, no 2).

La Psalliote fumée peut être confondue avec les formes sauvages du champignon cultivé (Agaricus brunnescens ). Ce dernier présente toutefois un chapeau plus pâle dans le jeune âge. La Psalliote à chapeau plat (Agaricus placomyces ) diffère par son chapeau orné d’écailles nombreuses à maturité, et par son anneau orné de petites écailles foncées sur la face inférieure.

La Psalliote fumée fructifie en septembre et octobre. On peut la trouver en milieu urbain ou dans les pâturages. Elle peut croître en grand nombre dans un tout petit espace.

Ce champignon est un excellent comestible. Sa saveur est prononcée et sa chair est ferme. Toutefois, un des membres du Cercle l’a récoltée aux abords du pont Jacques-Cartier, et une autre fois près d’une voie ferrée, ce qui ne met pas particulièrement en appétit. Méfiez-vous des sols pollués!